La revue

Le recours aux concepts de sexe et de genre développés dans les Gender Studies a considérablement transformé les recherches dans le domaine de l’Antiquité en ouvrant un nouveau champ extrêmement fructueux sur le plan culturel et social. Dans la mesure où elle est à l’origine de conceptions et valeurs auxquelles se réfèrent les constructions d’identités dans les cultures occidentales, l’Antiquité est un lieu d’application de ces théories tout à fait particulier. Les travaux menés sur les relations entre hommes, entre hommes et femmes, entre femmes, et sur les façons de construire le féminin et le masculin, ont jeté sur le fonctionnement des sociétés et cultures antiques, un éclairage nouveau, qui est aussi d’un intérêt capital pour l’étude de la réception de l’Antiquité dans les cultures occidentales.

Dans le cadre général des études de genre dans l’Antiquité, la revue EuGeStA présente la particularité d’être conçue comme un lieu de rencontre et d’échanges entre les recherches américaines et européennes.

Elle a été créée en relation avec le réseau de recherche du même nom (« Réseau européen sur les Gender Studies dans l’Antiquité/European network on Gender Studies in Antiquity »). Ce réseau, porté par l’UMR 8164 du CNRS (Lille 3), regroupe des spécialistes de l’Antiquité (Moyen-Orient, Égypte, Grèce et Rome) qui travaillent, selon les perspectives développées dans les Gender Studies, dans différents champs disciplinaires: littérature, philosophie, histoire, histoire de l’Art, médecine, droit, économie, archéologie… Les partenaires actuels sont: les universités de Bâle, Berlin (Freie Universität), Berne, Fribourg, Lille 3, Manchester, l’Open University, Paris 1, Turin et l’EHESS.

L’une des visées du réseau EuGeStA est fédérer des recherches abondantes et en plein essor, mais qui n’ont pas la tradition institutionnelle forte de celles développées aux États-Unis et au Canada. L’autre est de donner une visibilité plus grande à une spécificité: en Europe la question du genre est posée dans le contexte des ‘théories et pratiques’, qui ont été développées, de façon différente, selon les écoles de pensée, pendant et après les conflits des années 70-80, où aux défenseurs de modes d’étude « classiques » se sont opposés des rénovateurs adaptant à leur champ disciplinaire des théories modernes empruntées à la nouvelle critique, à la linguistique, à l’anthropologie…

Depuis sa création en 2009, le réseau EuGeStA a développé des liens avec le Women’s Classical Caucus par le biais de nombreuses affiliations d’Américaines et d’Américains en tant que membres associés (voir http://eugesta.recherche.univ-lille3.fr). La revue EuGeStA est la première manifestation de la volonté de collaboration initiée par ces affiliations. Elle en sera aussi le symbole.

Elle est dirigée par deux directrices, l’une, américaine : Judith Hallett ((University of Maryland, College Park); l’autre, européenne : Jacqueline Fabre-Serris (Université Charles-de- Gaulle – Lille 3).

Cette double dimension se retrouve dans son comité scientifique: Federica Bessone (Torino), Claude Calame (EHESS), Véronique Dasen (Fribourg), Barbara Gold (Hamilton), Henriette Harich-Schwarbauer (Bâle), Alison Keith (Toronto), Helen King (Open University), Holt Parker (Cincinnati), Amy Richlin (UCLA), Violaine Sebillotte-Cuchet (Paris 1), Alison Sharrock (Manchester), Thomas Späeth (Berne), Therese Fuhrer (Berlin).

Les numéros sont annuels et multilingues. Chaque article, rédigé dans la langue de son auteur, doit être accompagné d’un bref résumé et d’une liste de mots-clefs. Toutes les propositions de publications sont soumises, de façon anonyme, à l’avis de deux rapporteurs; en cas d’avis contradictoires un troisième rapporteur sera sollicité. Toute proposition d’article doit être adressée à Judith Hallett (jeph@umd.edu) ou à Jacqueline Fabre-Serris (jacqueline.fabre-serris@wanadoo.fr).